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L’intelligence émotionnelle au service du processus décisionnel

 

L’intelligence émotionnelle définit notre capacité à identifier, comprendre et prendre en compte les émotions dans notre quotidien.

Selon Descartes et son célèbre « Je pense donc je suis », l’intelligence et le niveau de conscience d’un individu se définissent par la pertinence de sa pensée rationnelle, sa pensée scientifique. Les émotions et les affects se retrouvent ainsi discréditées comme de simples limites animales devant être dépassées afin d’accéder à une pensée vraie, une pensée juste. Aujourd’hui les philosophes modernes, la psychologie, les neurosciences, la médecine reconnaissent tous unanimement le lien fondamental qui relie pensée et émotion.

L’intelligence émotionnelle nous permet donc d’étudier très précisément les étapes qui permettent d’aboutir à la construction de nos pensées et de nos échanges avec le monde extérieur. Nous allons donc pouvoir découvrir quelles sont nos compétences fortes dans certains domaines et quelles sont celles qui sont moins développées dans d’autres et ainsi nous atteler à les travailler précisément.

 

La prise de décision, comme point de convergence de toutes ces étapes de conscience

 

La prise de décision est l’exercice même de notre liberté à agir et à devenir acteur de notre vie au quotidien aussi bien dans le monde du travail que dans notre vie personnelle. Cette prise de décision ne peut donc plus être réduite à une seule pensée rationnelle.

Nos émotions sont des indicateurs qui nous donnent des informations pertinentes sur notre positionnement dans le monde. Les émotions ne doivent ainsi pas être refoulées ou mises de côté dans la prise de décision, au contraire, les émotions doivent être exploitées dans le sens où elles doivent être reconnues, accueillies, et maitrisées.

L’exemple le plus simple pour mettre en évidence cette subtile interaction entre prise de décision et émotion est celui du pilote et de son copilote. Le pilote a besoin de toutes les informations nécessaires sur son positionnement pour prendre des décisions et pour se déplacer. Le rôle des émotions est d’assurer le travail du copilote dans une véritable collaboration et de fournir ainsi toutes les indications utiles qui sont primordiales au rapport que nous entretenons avec le monde extérieur.

 

Bien sûr, il est évident que le niveau émotionnel peut dépasser la partie rationnelle de nos pensées. Sur le plan neurologique nous connaissons le rôle l’amygdale et de sa fonction d’inhibition sur notre cortex préfrontal. L’amygdale permet ainsi d’activer des mécanismes automatiques de défense et de survie. Par exemple, si je croise un ours dans la forêt, je vais automatiquement avoir une réaction réflexe de survie qui me fera fuir ou me cacher. Le problème est que nous vivons au quotidien avec un niveau de stress et d’intensité émotionnelle élevée. Il nous arrive même de croiser des ours dans le couloir… Ces émotions viennent en permanence affecter le processus décisionnel d’où une impossibilité de pouvoir piloter et de prendre des décisions dans des conditions optimales.

Voilà donc l’intérêt de mettre l’intelligence émotionnelle au service du processus décisionnel : identifier, accueillir, prendre en compte et gérer nos émotions dans le but d’interagir avec le monde et de prendre les meilleures décisions.

 

A l’opposée de l’animal, c’est le propre de l’homme que d’exercer sa liberté et cette liberté c’est justement de faire des choix ; Des choix parfois difficiles qui m’impliquent, qui impliquent les autres et dont les conséquences peuvent être importantes que ce soit dans le milieu de l’entreprise ou dans le cadre personnel. Les émotions nous convoquent à une réflexion, à une prise de décision et à une action dans le monde.

Pour décrire la pertinence de l’intelligence émotionnelle, observons Chiron qui est une figure de la mythologie grecque. Il est l’éducateur des fils des dieux, c’est dire qu’il est sage et respecté dans l’Olympe. Chiron est un centaure, il a le corps d’un cheval et le buste d’un homme. Le cheval est le symbole de la pulsion car il est toujours debout sur ses 4 pattes, toujours en mouvement.

Développer son intelligence émotionnelle c’est travailler sur ce fond pulsionnel et affectif qui est la base de notre conscience et au-dessus de laquelle doit émerger une réflexion et une prise de décision vers une réalisation précise.

Et point important, Chiron tire à l’arc. Il vise un point précis dans une direction.

 

Lucie Lauras,

Coach formatrice, spécialisée en développement de l’Intelligence Émotionnelle

  • Le regard des associées Corinne Martin, Claire Baran, Béatrice Binard et Lucie Lauras prennent la parole et vous donnent leur regard sur des thématiques d’entreprise.
  • Nos clins d'oeil Le fonctionnement humain à travers des lunettes décalées et humoristiques.