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Transformer son potentiel

 

 

 

Comment devenir un optimiste contagieux ? Voici la question à laquelle Shawn Achor répond dans son livre The Happiness Advantage. Shawn, brillant universitaire et professeur émérite à l’université de Harvard possède de nombreux succès à son actif, mais son talent ne se limite pas à ce palmarès ; Shawn a surtout la capacité de faire émerger le meilleur chez les autres. Dans son livre “Big Potential”, Shawn bouleverse notre notion même du succès. J’aimerais, dans cet article, partager avec vous quelques idées et concepts clés.

 

Les talents et capacités individuels ne garantissent pas le succès

La société nous enseigne que si nous voulons nous assurer un avenir prospère, nous devons être très performants, nous classer au premier rang de la classe, être diplômés d’une grande université ou d’une école de renom. On nous apprend que nous devons être compétitifs pour nous différencier du reste du peloton. Cette approche de l’apprentissage et de la réussite produit certes une émulation, mais aussi une forte anxiété ; elle augmente le niveau de stress et impacte négativement les liens sociaux, le sommeil, le sentiment de bonheur et la santé des étudiants. À la fin de leurs études et quels que soient leurs résultats, les diplômés sont épuisés, fragilisés, en proie à la solitude et au doute.

Un schéma dangereux est ainsi établi ; les jeunes adultes entrent sur le marché du travail avec un état d’esprit déformé ; plutôt que de se demander « à quel point je peux me montrer intelligent ou créatif seul ? », la question qu’ils devraient se poser est « à quel point pouvons-nous nous montrer intelligents ou créatifs ensemble, qui peut m’aider et qui puis-je aider ? ».

– Le succès que vous pouvez avoir seul ne représente qu’un mini-potentiel

– Le maxi-potentiel est le succès que l’on ne peut atteindre dans une dynamique collective.

 

“Quelle que soit la fulgurance de votre esprit ou de votre stratégie, si vous jouez en solo, vous serez toujours perdant face à une équipe“, déclare Reid Hoffman, co-fondateur de LinkedIn.

Steve Jobs prône le même message : “Dans les affaires, les grandes choses ne sont jamais faites par une seule personne, elles sont faites par toute une équipe.”

 

Comment exploiter son maxi-potentiel ?

1. Assurer des relations de qualité

La relation est le fondement de tout projet collectif, aussi, le maxi-potentiel ne se réalise jamais en solitaire ; une étoile dans le ciel ne brillera jamais autant qu’une constellation d’étoiles. Si l’on considère qu’aucun individu ne possède tous les talents, les personnes qui s’élèvent au sommet ne sont pas celles qui essaient de tout faire seules, mais plutôt celles qui savent établir des liens, envoyer de l’énergie positive et motivent les autres à unir leurs forces.

Notre système éducatif est gravement trompeur ; nous passons les vingt premières années de notre vie à être réprimandés ou félicités pour nos réalisations individuelles. Pour tout le reste de notre vie, le succès sera surtout collectif. Une matière fait cruellement défaut à l’école, celle de la relation, pierre angulaire de la communication, de la collaboration et de l’intelligence collective. Les recherches le confirment ; sur la base d’une analyse de 80 000 interactions d’étudiants de Harvard, les meilleurs élèves sont ceux qui ont le plus de relations sociales et d’informations partagées.

Il en va de même sur le lieu de travail. Google a demandé à son équipe d’analystes sociologiques de lancer une étude sur la constitution d’une « équipe optimale ». Le “Projet Aristote” devait ainsi déterminer les qualités spécifiques que l’entreprise devrait rechercher : un QI élevé, la maîtrise de plusieurs langues, la capacité à résoudre des équations quadratiques, l’extraversion, l’introversion… ils ont recueilli des dizaines de milliers de réponses de 180 équipes.

Les analystes ont constaté deux points essentiels :

– Les aptitudes individuelles ne garantissaient pas le succès,

– Les membres des équipes les plus performantes présentaient deux qualités spécifiques :

1. Une grande sensibilité sociale, c’est-à-dire une forte conscience de l’importance des liens sociaux et une capacité à établir des relations solides,

2. Ils avaient créé un environnement de sécurité où chacun peut s’exprimer de manière libre, partager sans crainte ses idées et opinions. Le mot “équipe” signifie beaucoup plus que la somme de ses individus ; les équipes de haut niveau sont capables de mettre en commun leurs ressources et d’exploiter l’intelligence collective.

 

2. S’entourer d’influenceurs positifs

Prenons l’exemple d’un trampoline : lorsque l’on saute seul, on ne peut pas sauter bien haut, mais lorsque l’on saute avec une deuxième personne, l’addition des poids augmente le potentiel de chacun et le saut n’en sera que plus élevé.

Les influenceurs positifs se soutiennent et s’améliorent mutuellement. Ils partagent leurs idées et écoutent celles des autres, ils résolvent mieux les problèmes et génèrent de manière créative des solutions nouvelles et innovantes. Leur optimisme est un démultiplicateur de force : dans les moments difficiles, ils envoient le message « nous allons y arriver, tu vas y arriver » ; ainsi ils permettent de se dépasser et d’accomplir des choses bien plus grandes que ce que chacun aurait pu accomplir seul.

Alors que les influenceurs négatifs sapent votre énergie, les influenceurs positifs fournissent de l’énergie ; lorsque vous vous sentez déprimé, lorsque votre lumière s’estompe, ils brillent et éclairent le chemin.

Comment neutraliser un influenceur négatif ?
Les recherches de Harvard montrent qu’une seule personne toxique a un impact bien plus important qu’une superstar dans une équipe.

Les forces nocives ne sont pas toujours visibles quand elles s’infiltrent dans un écosystème. Neutraliser l’énergie destructrice, l’empêcher de contaminer les autres est une compétence clé pour déployer votre maxi-potentiel. Si un membre de l’équipe se met en colère, bloque l’avancement d’un projet ou critique ses paires, prenez-le à part, engagez un dialogue ouvert pour comprendre ce qui se passe, pratiquez une écoute empathique et un questionnement ouvert pour désamorcer et neutraliser son énergie négative. Une fois que la personne s’est sentie écoutée et comprise, elle peut passer à un état émotionnel plus constructif, voir les choses avec une perspective plus large et s’engager dans la résolution créative des problèmes.

 

3. Sortir de sa zone de confort

Par crainte de désaccord ou de tensions relationnelles nous pourrions être tentés de nous entourer de personnes partageant les mêmes croyances, valeurs et motivations. Grâce à la théorie de l’évolution, nous savons cependant que l’élément clé de la survie est la biodiversité. Plus la composition génétique d’une espèce est diversifiée, plus elle est résistante face aux maladies et aux autres forces de la nature.

Une étude résumée dans la Harvard Business Review a montré que l’intégration d’un “étranger” dans une équipe homogène doublait les chances de l’équipe de résoudre un problème difficile, précisément parce que l’étranger remet en question le statu quo…

Ainsi la diversité au sein d’un groupe oblige chacun à sortir de sa zone de confort et à envisager de nouvelles perspectives ou idées.

 

4. Etablir une réciprocité

Un accord durable est forcément satisfaisant pour les deux parties. Certaines personnes ont une fâcheuse tendance à tirer la couverture sur soi, à utiliser les autres pour arriver à ses fins ; d’autres, souvent en quête de reconnaissance, ont une prédisposition à céder aux nombreuses demandes et sollicitations. Ni l’un ni l’autre n’exploite son maxi-potentiel : les « moi en premier » ont un crédit limité, on se lasse vite de leurs demandes incessantes, et les « toi en premier » apportent une faible valeur ajoutée ; en dansant dans l’ombre des premiers, ils finissent par être épuisés et amers.

En brisant les silos et en créant des relations adulte-adulte, chacun prend sa part de responsabilité. L’atteinte du maxi-potentiel implique invariablement l’acquisition de nouvelles façons de penser et d’agir. Personne ne connait mieux le travail que celui qui est en poste, alors plutôt que de commander ou donner des conseils, demandez ce que l’intéressé ferait dans cette situation, comment il ferait avancer les choses. Les jeunes notamment ont de grandes idées, ils sortent volontiers des sentiers battus, bouleversent et remettent en cause les habitudes. Nous avons beaucoup à apprendre d’eux, la libération de leur potentiel ouvre la voie au maxi-potentiel, l’impact est exponentiel : plus de responsabilités plus d’engagement, plus de productivité et, le plus important à mon sens, une estime de soi, une fierté et un amour propre renforcés à vie.

 

5. Adopter un “état d’esprit ouvert”

Si nous reconnaissons facilement qu’un enfant doit ramper et marcher avant de courir, nous oublions que cela est vrai tout au long de la vie. Par orgueil ou par manque de confiance, nous voulons atteindre le podium du jour au lendemain ; en quête de résultats et de satisfaction immédiats. Nous refusons de passer les différents stades de l’apprentissage, ratant ainsi le chemin le plus rapide et le plus sûr vers le succès.

Pour atteindre son maxi-potentiel, nous devons revoir notre relation à l’échec. Tout le monde fait des erreurs, nous faisons rarement les choses correctement à la première tentative. Mais pouvons-nous perdre des points et croire encore en notre capacité à gagner la partie ? Carol Dweck, professeur de psychologie à l’université de Stanford, est connue pour son travail inédit sur le « mindset » (l’état d’esprit). Dès l’école primaire, elle établit un lien direct entre « état d’esprit » et « potentiel ». Les enfants qui ont un “état d’esprit ouvert” (growth mindset) voient l’échec comme un tremplin pour s’améliorer, ils sont moins facilement découragés et plus résilients, que les enfants avec un « état d’esprit fermé » (fixed mindset). Ces derniers voient l’échec comme une preuve dévastatrice de leur manque inhérent d’intelligence ou de talent.

En tant qu’adultes désireux d’apporter une contribution positive à notre écosystème, il est urgent de nous poser toutes ces questions :

– Est-ce que j’exploite mon mini ou mon maxi-potentiel ?

– Quelle est la qualité de mes relations ?

– Qui sont mes influenceurs positifs ?

– Suis-je prêt à sortir de ma zone de confort ?

– Comment puis-je établir la réciprocité ?

– Quel est mon rapport à l’échec ? Ai-je un état d’esprit ouvert ou fermé ?

 

Ces réflexions requièrent du courage, une acceptation de se questionner et une volonté farouche d’amélioration. Les résultats seront au rendez-vous : du mini-potentiel atteint en solo, vous passerez au maxi-potentiel, atteint grâce aux talents et à la diversité du collectif.

 

Corinne Martin

 

 

Pour aller plus loin :

http://www.nature.com/articles/srep01174

https://www.hbs.edu/faculty/Publication%20Files/16-057_d45c0b4f-fa19-49de-8f1b-4b12fe054fea.pdf

https://hbr.org/2016/09/diverse-teams-feel-less-comfortable-and-thats-why-they-perform-better

https://www.mindsetworks.com/science/

  • Le regard des associées Corinne Martin, Claire Baran, Béatrice Binard et Lucie Lauras prennent la parole et vous donnent leur regard sur des thématiques d’entreprise.
  • Nos clins d'oeil Le fonctionnement humain à travers des lunettes décalées et humoristiques.